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Le contexte de l’audience
Vital Kamerhe, directeur du président Félix Tshisekedi est poursuivi trois fois pour corruption et détournement de deniers publics, notamment aux côtés de l’homme d’affaires libanais Jamais Samih et du fonctionnaire à la présidence congolaise Jeanot Muhima. Kamerhe et Jammal sont détenus en prison. La première journée du procès, tenue le 11 mai 2020, n’avait pas permis au Tribunal d’entrer dans le vif du sujet, même si celle-ci fut mouvementée.

Ainsi, après les « préliminaires », les parties en présence s’apprêtaient à en découdre, d’autant plus que plusieurs nouveaux éléments se sont ajoutés dans l’affaire. Il y a d’abord l’arrestation spectaculaire de Daniel Shangalume Nkingi dit « Massaro », finalement appréhendé par les services de renseignements après près d’un mois de cavale.

L’accusation a également dévoilé sa longue liste de personnes citées à témoigner. Plusieurs personnalités congolaises, dont des ministres en fonctions et d’anciens ministres, sont citées à comparaître comme témoins, selon une citation adressée au président du Tribunal de grande Instance de Kinshasa/Gombe, en date du 21 mai 2020 par Me Dieudonné Kaluba Dibwa de la partie civile. Parmi ces personnes, il y a, entre autres, Justin Bitakwira, qui n’avait pas hésité à enfoncer Vital Kamerhe lors de son audition au Parquet de Matete.

Les révélations de l’audience de lundi 25 mai
L’audience de ce lundi 25 mai s’est ouverte avec l’audition de Jammal Samih, patron des sociétés Samibo SARL et Husmal SARL. L’exercice a été houleux. Jammal Samih a très peu répondu aux questions spécifiques tant du juge que de la partie civile ou même du Ministère public. Tous ont essayé de comprendre l’affaire, sans certes réellement entrer en profondeur.

Il en ressort, après questions et échanges, que Jammal Samih a reçu 57 millions USD de l’Etat congolais dans le cadre du marché des maisons préfabriquées pour sa société Samibo SARL. Il, a par ailleurs, reçu au moins 2 millions USD pour le compte de sa société Husmal.

Le Ministère public et la partie civile ont également révélé que Jammal Samih a reçu les paiements de 57 millions USD en plusieurs tranches, sans qu’aucun contrat ne soit établi. Selon eux, le Directeur général de la Direction générale de contrôles des marchés publics (DGCMP) a démenti, sur PV après audition au Parquet de Matete, qu’il avait autorisé un quelconque marché de 57 millions USD. Ce que les avocats de Jammal Samih et lui-même rejettent.

Par ailleurs, l’accusation a révélé, citant des pièces, que Jamal Samih a transféré 5 millions USD sur l’argent qu’il a reçu du compte de sa société Samibo SARL à la Rawbank vers le compte de sa société Husmal SARL dans la même banque. Deux fils de Jammal ont également décaissé plus de 30 millions du même compte, avant de se volatiliser. Ils sont actuellement à l’étranger. Jammal Samih n’a pas nié ces faits. Il a, cependant, affirmé qu’il s’agit de « son compte et de son argent », et qu’il en faisait « ce qu’il voulait ».
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En prenant la parole, Vital Kamerhe a également rejeté les accusations selon lesquelles le paiement de 57 millions USD aurait été effectué sans contrat. À ce sujet, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi affirme qu’il n’y est pour rien, arguant que c’est Justin Bitakwira, ancien ministre du Développement rural, qui serait à la base du contrat.

Par contre, la partie civile et le Ministère public ont présenté des pièces de décaissement de ces fonds du Trésor public. Il est établi que les paiements ont eu lieu au plus tard mai 2019, alors que les contrats auxquels font allusion Vital Kamerhe et Jammal Samih auraient été signés entre juin et juillet 2019.

De ce fait, il y aurait eu paiement avant même que les contrats ne soient signés. À ce sujet, Vital Kamerhe affirme qu’il n’est pas responsable des paiements, appelant la Cour à interroger, notamment, « les concernés », faisant allusion au gouverneur de la Banque centrale, Déogratias Mutombo, ou encore au ministre du Budget au moment des faits, Pierre Kangudia. Ce que la Cour semble avoir accepté.

Suivre l’acte II: Des confrontations à venir et les stratégies en opposition